Saison 2023/2024 Mozart & Haendel

La Messe en ut mineur est l’une des œuvres les plus fascinantes de Mozart, avec le Requiem, tant par sa force émotionnelle que sa dimension fragmentaire. C’est l’amour et non la mort qui en est la source d’inspiration, composée entre 1782 et 1783, elle est considérée comme supérieure à toutes les autres messes de Mozart, hormis son Requiem.

En 1782, Mozart installé à Vienne profite de sa nouvelle liberté depuis qu’il s’est affranchi de l’archevêque de Salzbourg, Colloredo. Aucune autorité ne le guide désormais dans sa volonté d’écrire pour l’Eglise. C’est une promesse d’amour qui sera à l’origine de l’une des plus belles œuvres du répertoire sacré. Une promesse faite à celle qui a gagné son cœur, Constance Weber. Afin d’obtenir la guérison de Constance, Mozart s’engage à composer une messe d’action de grâces, il l’épousera le 4 août 1782, à l’issue de sa convalescence malgré l’opposition de son père. Afin d’obtenir la réconciliation avec son père, il lui confie : « lorsque j’ai fait ce serment, ma femme était encore célibataire et comme j’étais fermement décidé à l’épouser peu après sa guérison, il m’était facile de faire cette promesse (…) comme preuve de la sincérité de mon serment, j’ai ici la partition d’une messe à moitié composée, qui me donne les meilleures espérances ».

C’est à celle qui fut son inspiratrice que Mozart confie les parties de soprano solo lors de la création de cette Messe en ut mineur, en l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre à Salzbourg, le 26 octobre 1783. La difficulté technique de ces airs laisse ainsi supposer que la jeune femme possédait de réelles qualités vocales. Avec cette messe, la première qu’il compose de sa propre initiative, Mozart se montre donc maître de ses décisions. Cette nouvelle œuvre se doit d’être différente des nombreuses messes et missa brevis, en général de petites dimensions et peu développées, écrites précédemment pour Colloredo. Son souci n’est plus de plaire à un commanditaire, mais bien au public. Cette messe sera également Requiem.

Wolfgang-Amadeus MOZART

Wolfgang-Amadeus Mozart 1756 -1791 né à Vienne, est un compositeur autrichien de la période classique. Le jeune Wolfgang a l’oreille absolue et probablement une mémoire eidétique qui lui permet de mémoriser un grand nombre de sons en très peu de temps. Sans surprise, le prodige de la musique se met à la composition à 6 ans. Il cherche “des notes qui s’aiment” et écrit ses premières oeuvres : cinq menuets, une sonate et un allegro en 1762. Entre ses 7 et 8 ans, Mozart compose plus d’une cinquantaine d’oeuvres. A 11 ans, il s’attaque à son premier opéra : Apollo et Hyacinthus, qu’il termine le 13 mai 1767.

Son père l’emmène en Italie quand il a 14 ans. Ils assistent aux matines du mercredi 11 avril de la Semaine Sainte à la chapelle Sixtine, unique occasion de pouvoir entendre le Miserere d’Allegri. Une oeuvre que le Vatican souhaite garder précieusement. A cette époque, seuls les choristes ont accès à la partition et toute tentative de retranscription est punie d’excommunication. L’impertinent Mozart, charmé par ce chant céleste, réécrit l’œuvre le soir même et retourne à la chapelle le vendredi Saint pour peaufiner sa retranscription. Cette histoire, racontée dans de nombreuses lettres, fait des jaloux qui accusent Mozart d’avoir volé la partition…

A Salzbourg, Mozart obtient très jeune le titre de maître de concert. Sous les ordres des princes-archevêques Schrattenbach puis Colloredo, il compose des oeuvres sacrées. Un rôle qui le prive de ses libertés créatrices. A 20 ans, il quitte Salzbourg pour trouver un autre poste, en vain. Contraint de retourner à Salzbourg récupérer son travail, Mozart n’en fait qu’à sa tête : il se comporte comme un enfant avec le prince-archevêque Colloredo qui le traite de voyou et de crétin. Cette difficile collaboration s’explique par son mépris de la noblesse, dans une lettre écrite en 1777, Mozart critique les mariages arrangés de la haute société.

Mozart découvre en 1773 la franc-maçonnerie et le 14 décembre 1784 il se fait initier dans la loge de la Bienfaisance. Quand il compose La Flûte Enchantée en 1791, Mozart fréquente depuis plusieurs années ce milieu. Il y trouve une source d’inspiration. Le célèbre opéra est d’ailleurs appelé “opéra maçonnique” car il représente les étapes initiatiques des francs-maçons. Quand il compose cette oeuvre, Mozart crée une double lecture : une pour le profane, inspiré du modèle allemand du Singspiel (sorte d’opéra-comique), l’autre pour l’initié, avec des symboles maçonniques tant dans la musique que dans les personnages et l’histoire.

Mozart emprunte et dépense à tout va et sans limite. Il frôle même une condamnation judiciaire qui aurait pu le ruiner, mais surtout briser son orgueil. Il accumule ses dettes, auprès de ses proches et même auprès de ses élèves, comme avec le Prince Lichnowski. Ce gentilhomme de la cour impériale autrichienne tente d’emmener Mozart devant le tribunal. En 1789, il attaque le jeune compositeur en justice pour récupérer son argent. L’histoire ne nous dira jamais comment Mozart s’est sorti de cette affaire mais il s’avère que tous ont passé sous silence cet épisode malheureux qui est tombé dans l’oubli.

Il meurt le 5 décembre 1791. Il est enterré au cimetière Saint-Marc. Il a été mis en fosse commune, comme l’était la quasi majorité des classes moyennes de Vienne.

Haendel compose le Zadok the Priest pour le couronnement du roi George II en 1727 et obtient la naturalisation anglaise.
Bien que faisant partie de la tradition des cérémonies de couronnement britanniques, les textes des quatre hymnes furent choisis par Haendel lui-même à la grande consternation du clergé présent. Il semblerait que Haendel ait repris des morceaux choisis du compte-rendu d’un couronnement précédent, celui de Jacques II d’Angleterre en 1685. Ainsi, bien que dérivé du récit du sacre de Salomon, le texte biblique n’est pas directement cité, mais paraphrasé, probablement par le compositeur en personne.

Le Zadok the Priest est écrit pour chœur (SSAATBB) et orchestre (2 hautbois, 2 bassons, 3 trompettes, timbales, 3 violons, alti, continuo). Pendant l’introduction orchestrale, la tension est produite par l’association de croches et de doubles-croches. Lorsque le chœur entame la première phrase, le drame est suggéré grâce au chant du chœur sur des notes plus longues : noires et blanches.
La deuxième phrase And all the people rejoic’d and said est une danse imitatrice sur un rythme 3/4, sur laquelle le chœur chante d’une seule voix et les cordes jouent sur un rythme saccadé. Le final à partir de God save the King est un retour au temps commun (4/4). La section est chantée d’une seule voix, entrecoupée par des Amen sur des longues séries de doubles-croches, reprises par chacune des 6 voix (SAATBB), les autres voix les accompagnant sur des croches. Le chœur se termine, sur l’Alleluia, par une cadence plagale construite harmoniquement sur le 4e degré de la gamme, amenant résolution sur le 1er degré. Cette toute dernière formule conclusive introduit un ralenti, un Adagio, subit et spectaculaire, tel que Haendel les affectionnait pour clore nombre de ses œuvres.

Depuis, il est joué à chaque couronnement de monarque Outre-Manche cet hymne est entré dans l’inconscient collectif britannique.

Sadoq le prêtre et Nathan le prophète oignirent Salomon pour le faire roi.
Et tout le peuple se réjouissait, et disait :
Dieu sauve le Roi, Longue vie au Roi, Que le Roi vive pour l’éternité !
Amen Alléluia !

Zadok the Priest and Nathan the Prophet anointed Solomon King.
And all the people rejoic’d, and said :
God save the King, Long live the King, May the King live for ever !
Amen Hallelujah !

Aujourd’hui, le Zadok est repris dans l’hymne de la Ligue des Champions de UEFA, il est joué avant tous les matchs de la compétition, il ouvre et conclut les retransmissions télévisées. L’hymne est très apprécié par les spectateurs, qui le reconnaissent immédiatement.

Georg-Friedrich HAENDEL

Georg-Friedrich Haendel 1685-1759 né le 23 février 1685 à Halle-sur-Saale, en Allemagne, il est le fils de Georg Haendel, chirurgien-barbier renommé. Haendel démontre dès son plus jeune âge une prédisposition pour la musique que son père refuse de le voir développer au profit d’études de droit mais l’approbation de sa mère lui permet de prendre des leçons de clavicorde en secret. Alors qu’il n’est qu’enfant, il rencontre le Duc de Saxe-Weissenfels pour qui il joue de l’orgue. Ce dernier propose de le placer sous la tutelle du maître de musique Friedrich Wilhelm Zachow, l’organiste de l’Église. À ses côtés, Haendel se forme à l’orgue, au clavecin et à la composition.

A l’âge de dix ans, il compose des pièces pour violon, orgue et hautbois ainsi que des cantates et de la musique de chambre.
De 1696 à 1697, il séjourne à Berlin et joue pour le futur Roi de Prusse Frédéric Ier, qui l’invite à prendre du service auprès de lui, mais le décès de son père le contraint à décliner cette proposition.
De retour à Halle, il poursuit ses études musicales et est nommé organiste remplaçant de la cathédrale calviniste.

A partir de 1703 Haendel s’installe à Hambourg et se lie avec le chanteur et compositeur Johann Mattheson qui lui décroche une place de second violon à l’Opéra et le motive  à composer son premier opéra, en 1705 Haendel signe son premier succès, Almira, avec Mattheson dans le rôle-titre, son deuxième opéra Nero ne connaît pas les mêmes faveurs.
Haendel entame, en 1707, un séjour italien qui le conduit à Rome et Naples où il explore sa passion pour l’opéra et rencontre Domenico Scarlatti ainsi qu’Antonio Vivaldi.
Il compose des cantates, qui lui valent un certain succès auprès des hauts dignitaires de l’Église, à l’instar de l’oratorio Le Triomphe du temps et de la Désillusion, où résonne pour la première fois l’aria Lascia la Spina, aria utilisé en 1711 sous le titre Laschia ch’io pianga dans le second acte de l’opéra Rinaldo.
Sa période italienne est féconde : il compose les opéras Rodrigo pour Ferdinand de Médicis suivi de La Resurrezione et Agrippina qui reçoit un accueil triomphal. Cette œuvre entérine sa renommée auprès de mécènes d’influence parmi lesquels le Comte de Manchester, ambassadeur de Grande-Bretagne, qui lui aurait insufflé le désir de s’installer à Londres.

En 1710 Haendel prend ses quartiers dans la capitale anglaise, il y rencontre Aaron Hill, auteur dramatique et directeur du King’s Theatre, avec lequel il monte l’opéra Rinaldo, qui fait sensation.
Les opéras suivants Il pastor fido, Teseo et Silla connaissent peu de succès.
En 1713, Haendel compose un Te deum pour la couronne d’Angleterre, une œuvre dans laquelle il mélange nouveautés musicales et références à Purcell, et qui reçoit les faveurs de la Reine Anne. Lorsque George Ier succède à cette dernière, il confie à Haendel la charge de l’instruction musicale des princesses royales.
En 1715, il compose Amadigi dont le succès discutable achève de détourner Haendel de l’opéra.
De 1717 à 1722, avec la Water Music, composée pour accompagner la navigation nocturne du Roi sur la Tamise, Haendel renoue avec le succès. Il est alors invité à collaborer à la création de la Royal Academy of Music, dont il est nommé Directeur musical.
Il inaugure l’ouverture de l’Académie avec Radamisto dédiée au Roi George I qui participe au projet.

Piqué par sa rivalité avec le compositeur Giovanni Battista Bononcini, dont le style léger lui vaut d’être plus acclamé, Haendel révise son style par l’usage de mélodies plus simples et  fait triompher Ottone, opéra en langue italienne.
Il achève d’éclipser ses compétiteurs en composant à la suite trois de ses plus grands chefs-d’œuvre, Giulio Cesare, Tamerlano et Rodelinda.
En 1727, il parvient même à unir sur scène deux cantatrices rivales, Faustina Bordoni et la Cuzzoni, dans Admeto, qui est acclamé.

Depuis, il est joué à chaque couronnement de monarque Outre-Manche cet hymne est entré dans l’inconscient collectif britannique.
En 1728, il compose Siroe et Tolomeo, tandis que la Royal Academy, en grande difficulté, doit fermer.
Haendel tente de lancer une Seconde Academy, le compositeur présente L’otario, puis Partenope, deux opéras de styles différents mais ayant pour point commun de connaître l’échec.

La situation financière de Haendel devient critique et l’incite à ne plus entreprendre que des reprises d’œuvres antérieures telles que Giulio Cesare.
L’année 1731 lui offre une éclaircie grâce à l’opéra Poro et le départ de Londres de son rival Bononcini.
L’opéra Ezio est un fiasco et ne connait que cinq représentations mais Sosarme fait salle comble et Haendel s’attèle à la révision de cantates et d’oratorios comme le drame biblique Esther puis Acis et Galatée.
En 1733 il connaît le succès avec Orlando, puis avec l’oratario Athalia.
Il met fin à la Seconde Academy qui pâtit d’une rivalité grandissante avec l’Opéra de la Noblesse, troupe concurrente formée par le Prince de Galles Frederick, qui était opposé au roi George II.
Si l’oratorio lui procure désormais plus de succès, il n’abandonne pas pour autant l’opéra. Il monte une Troisième Academy en dépit du climat de concurrence intensifié par l’arrivée de Nicola Porpora.
En 1735 sont créés à Covent Garden Ariodante et Alcina, qui lui offrent d’immenses succès puis il crée, malgré des problèmes de santé, l’opéra pastoral Atalanta pour le mariage du prince de Galles : le spectacle est très apprécié. Il n’en demeure pas moins dans une situation financière difficile qui le pousse à écrire deux opéras dans la hâte, Arminio et Giustino, dont le manque d’éclat trahit l’état d’abattement physique et mental du compositeur.

Il développe en 1737 une pathologie qui le paralyse du côté droit et après une cure thermale à Aix-la-Chapelle, il réapparaît à Londres totalement guéri.
Il entame alors la composition de Faramondo puis de Serse qui ne manque pas de décontenancer le public par son genre inédit à la croisée du drame et du comique.
Délaissant peu à peu l’opéra italien, Haendel compose en 1739 l’œuvre magistrale pour chœur Israël en Égypte, qui est alors assez peu appréciée. Il propose deux œuvres majeures la même année douze concertos grossos de l’opus 6 puis l’Ode for St. Cecilia’s Day. L’année suivante, il tente deux retours à l’opéra italien avec Imeneo et Deidamia dont les échecs enterrent ses ambitions dans ce registre. Il se concentre entre 1743 et 1757 sur les oratorios et rencontre de nombreux succès, comme Samson, Le Messie, Semele, Hercules, Theodora, Jephtha et Le Triomphe du Temps et de la Vérité. 
Son travail acharné se fait cependant au prix de son état de santé et à partir de 1743 il souffre d’une nouvelle attaque cérébrale puis perd la vision d’un œil alors qu’il compose Jephtha. Il décède le 14 avril 1759 dans sa demeure de Brook Street, à l’âge de 74 ans.

Mécénat et Partenariat

Mécène Premium de l’E.J.V.

OPALIT

POURQUOI MECENER L’EJV ?

Depuis bientôt trente ans l’E.J.V. s’est fait une place et une visibilité reconnues dans le paysage culturel versaillais et de l’Île-de-France (concerts, fête de la musique, messes anniversaires à la Chapelle royale).
Cette position a été acquise grâce à une politique d’événements forts et originaux :

  • Association des concerts à des lieux architecturaux prestigieux.
  • Formule de concerts-oratorios spectacles, par association de diaporamas d’oeuvres d’art illustrant les oeuvres exécutées.
  • Collaboration de partenaires prestigieux : Jean Piat récitant invité en 2013 de la Passion selon Saint-Jean de Bach.
  • Liens actifs entre ville et château en 2015 pour le trois-centième anniversaire de la mort de Louis XIV.
  • Rôle dynamique dans la vie culturelle du quartier de Porchefontaine, où l’E.J.V. a sa base logistique.

Cette action a été notamment couronnée par une récompense de quatre diapasons, par la revue du même nom, de son enregistrement du Te Deum et d’un motet versaillais inédit d’Esprit-Antoine Blanchard (2004).

La loi n°2003-709 du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations dite « Loi Aillagon » a institué un dispositif fiscal pour développer en France le mécénat des entreprises et des particuliers dont les caractéristiques (dispositif de droit commun) sont les suivantes :

  • en faveur des entreprises (Art. 238 bis, CGI) : réduction d’impôt sur les bénéfices égale à 60% du montant du don (en numéraire ou en nature) à un organisme ou une oeuvre d’intérêt général dans la limite de versements annuels de 0,5% du chiffre d’affaires de l’entreprise. En cas d’excédent de versement, l’entreprise dispose de cinq exercices pour utiliser sa réduction d’impôt.
  • en faveur des particuliers (Art. 200, CGI) : réduction d’impôt sur le revenu au taux de 66% du montant du don à un organisme ou une oeuvre d’intérêt général dans la limite de 20% du revenu imposable du donateur, avec report possible sur cinq ans en cas d’excédent de versement.

Faire un DON en ligne, flasher le QR CODE

 

UNE VISIBILITÉ POUR LES PARTENARIATS

Le temps nécessaire à la préparation et la mise au point des concerts, la planification des engagements de l’E.J.V. et du calendrier d’opportunité associé, réclament une visibilité pour la mise en oeuvre des actions de communication. Il en va de même pour les entreprises.
L’E.J.V. propose donc à ses partenaires des perspectives de partenariat couvrant le programme de l’année.