Saison 2020 – sur les « Chemins du Baroque Européen »

Dixit Dominus RV807

d’Antonio-Lucio VIVALDI

Antonio-Lucio Vivaldi – 1678-1741 – né à Venise est le fils de Camilla Calicchio et de Giovanni Battista, tous deux fille et fils de tailleur. Giovanni Battista Vivaldi s’installe à Venise en 1666. Il y devient barbier et exerce comme violoniste à la prestigieuse chapelle ducale de la basilique San Marco de Venise sous le nom de Rossi. Il est le premier professeur de musique de son fils. Vivaldi a été aussi un des élèves de Legrenzi.

Vivaldi est destiné à la prêtrise, il est tonsuré en septembre 1693, en avril 1699 il est sous-diacre et ordonné en mars 1703. Il participe parfois à l’orchestre de San Marco pour renforcer le pupitre des violons. Vers 1706, il cesse de dire la messe en raison d’une maladie d’enfance mais aussi peut-être par opportunisme.

En septembre 1703 Vivaldi est maître de violon à l’Ospedale della Pietà, un célèbre interna religieux destiné à l’éducation de jeunes filles orphelines. Elles y reçoivent un enseignement soigné dans le but d’obtenir plus tard un emploi. Un certain nombre d’entre elles reçoivent une éducation musicale poussée. Les concerts qu’on y donne sont courus par l’aristocratie vénitienne et les visiteurs étrangers.

En mars 1713, il crée son premier opéra à Vicenza, Ottone en villa, sur un livret de Nicolò Biancardi Bastiano, alias Domenico Lalli, un escroc recherché par la justice napolitaine, écrivain à la mode et ami de Vivaldi qui remplace Francesco Santurini comme impressario du théâtre S. Angelo.

Vivaldi a composé un nombre considérable de concertos, sonates, opéras et pièces religieuses : il se targuait de pouvoir écrire un concerto plus vite que le copiste ne pouvait le transcrire. Il fut l’un des plus célèbres et admirés violonistes et compositeurs de la période baroque, en tant qu’initiateur principal de concerto de soliste, dérivé du concerto grosso. Il sera autant entrepreneur de spectacles que compositeur, il fut aussi professeur de violon puis « maître de concert » du Seminarion musicale dell’Ospedale della Pietà.

Comme ce fut le cas pour de nombreux compositeurs du XVIII° siècle, sa musique, de même que son nom, fut vite oublié après sa mort. Elle ne devait retrouver un certain intérêt auprès des érudits qu’au XIX° siècle ; cependant, sa véritable reconnaissance eu lieu pendant la première moitié du XX° siècle grace aux travaux de lettrés, de musicologues, de musiciens et à l’enthousiasme d’amateurs éclairés.

Nisi Dominus

de Baldassare Galuppi

Baldassare Galuppi – 1706-1785 est un compositeur italien, né sur l’île de Burano proche de Venise., il est surnommé Il Buranello d’après son lieu de naissance, Galuppi appartient à la génération de compositeurs tel que Christoph Willibald Gluck, Domenico Scarlatti et Carl-Philipp-Emanuel Bach, dont les œuvres sont emblématiques du style galant répandu en Europe durant le 18ème siècle.

Galuppi apprend d’abord la musique avec son père, barbier de profession, mais aussi violoniste amateur. À 16 ans, il se rend à Venise où il vit des salaires perçus comme organiste dans différentes églises, puis étudie, sur la recommandation de Benedetto Marcello, le clavecin et la composition avec Antonio Lotti.

Son premier opéra, composé à 16 ans, La fede nell’incostanza, donné en 1722, est un échec, mais il connaîtra son premier succès important dès 1729 avec son opéra Dorinda.

De 1740 à 1751, il est maître de musique à l’Ospedale dei Mendicanti, il compose 31 ouvrages : 16 motets, 13 arrangements du Salve Regina, et 2 arrangements de psaume.

En 1741, Galuppi est invité à travailler à Londres, « congé » accepté par l’Ospedale dei Mendicanti. Il passe 18 mois en Angleterre pour superviser les productions de la Compagnie d’opéra italienne au King’s Theatre. Haendel, compositeur rival, assiste à l’une de ces productions. Galuppi attire également l’attention comme virtuose et compositeur pour clavecin. Charles Burney, musicologue anglais de l’époque écrit : « Galuppi a eu plus d’influence sur la musique anglaise que tout autre compositeur italien ».

Bien qu’il soit mondialement connu comme compositeur de nombreux opéras, il compose de la musique sacrée tout au long de sa carrière.

En mai 1748, il obtient le poste de maître adjoint de la Cappella Marciana de Saint-Marc, dont il devient le maître en 1762.

Approché par le tsar Pierre III en 1761, ce n’est qu’en 1765 qu’il est nommé par Catherine II de Russie compositeur de cour à Saint-Pétersbourg, ou il compose quinze œuvres vocales pour l’Église russe orthodoxe. Pendant cette période les autorités vénitiennes lui assure la conservation de son poste de maître de chapelle et des émoluments correspondants, pourvu qu’il compose chaque année un Gloria et un Credo pour la messe de Noël donnée en la basilique de San Marco, tâche à laquelle il ne faillit pas comme en témoignent les manuscrits conservés à Gênes.

En 1766 il prend la direction du chœur de l’Ospedale degli Incurabili qu’il conservera jusqu’en 1777. Il consacre la fin de sa vie à la musique pour clavecin et aux œuvres religieuses. Il dirige notamment en mai 1782 plusieurs concerts pour la visite à Venise du pape Pie VI.

Au faîte de sa gloire, Galuppi était plus célèbre que Vivaldi. Il a connu un succès international pendant sa carrière à Vienne, Londres et Saint-Pétersbourg, mais principalement à Venise.

Il meurt le 3 janvier 1785, à ses funérailles solennelles en l’église San Vidal, chante notamment le grand castrat Gasparo Pacchiarotti.

Magnificat

de Johann David Heinichen

Johann-David Heinichen – 1683-1729 – compositeur et théoricien saxon de musique baroque est né à Krauschwitz en Saxe.

Heinichen est un élève de Johann Kuhnau, Thomaskantor à Leipzig, où il fait des études de droit. Après cette formation il se rend en Italie où il remporte de nombreux succès avec ses opéras.

Sa musique était très populaire, de nombreux concertos, ouvertures, sonates et d’innombrables œuvres de musique sacrée nous sont restées. Plusieurs de ses messes, ainsi que sa dernière œuvre, le Magnificat, suscitent de nos jours l’intérêt du public.

En 1710, il publie son œuvre théorique sur la basse continue, Der General Bass in der Composition, dans laquelle il expose aussi le Cycle des quintes. À Rome en 1712, il donne des cours de musique au prince Léopold d’Anhalt-Köthen qui le prend comme compositeur. Ce prince nommera en 1717 Johann Sebastian Bach maître de chapelle à sa cour.

En 1716, il rencontre à Venise le prince Électeur de Saxe qui l’engage le 28 août 1716 comme maître de la chapelle du roi de Saxe Auguste II de Pologne où il a pour collègues les compositeurs Johann Adolf Hasse et Jan Dismas Zelenka, les violonistes Francesco Maria Veracini, Johann Georg Pisendel, et le flûtiste Johann Joachim Quantz. Aux deux derniers, il a donné également des leçons de composition.