Saison 2020-2021 – sur les « Chemins du Baroque Européen »

Te Deum

de Marc-Antoine CHARPENTIER

Marc-Antoine Charpentier – 1643-1704, est un compositeur français de la période baroque originaire de Meaux, sa famille occupait un rang social appréciable au service de la couronne et de l’église. Son père, maître écrivain à Paris, rédigeait des actes publics et privés pour la bonne société. Charpentier est né et mort à Paris.

Marc-Antoine Charpentier passe son enfance à Paris, dans le quartier Saint-Séverin. Il n’y a rien de précis sur sa scolarité auprès des Jésuites ni sur sa formation musicale.

Vers 1665 Charpentier se rend en Italie pour faire des études de peinture, mais lors de son passage à Rome, Il reçoit la leçon du maître de l’oratorio baroque Giacomo Carissimi. De retour à Paris, Charpentier introduit la forme sensuelle et mystique de l’oratorio en France qu’Il rebaptise « Histoire sacrée », ainsi ses chefs d’œuvre – Judith – Cécile vierge et martyre – Esther.

Il rejoint la cour de Marie de Guise et y compose toutes les musiques sacrées et profanes pour sa protectrice. Quand Lully cesse sa collaboration avec Molière en 1672, Charpentier travaille avec l’auteur du Malade imaginaire dont Il écrit les musiques de scène. Auteur dramatique, Charpentier compose les musiques des pièces de Thomas Corneille – Circé – L’Inconnu – Le triomphe des dames – La Pierre philosophale.

En 1683, absent pour maladie Charpentier se voit gratifié d’une pension par Louis XIV pour service rendu pour son fils le Dauphin. Sans poste officiel à la Cour, Charpentier fréquente les grands dont le Duc de Chartres, Philippe d’Orléans pour lequel Il écrit ses « Règles de composition ». En 1688, Charpentier devient directeur de la musique de l’église Saint-Louis des Jésuites, et fournit aussi les musiques dramatiques du Collège Louis Le Grand dont David et Jonathas.

En 1698, Charpentier devient Maître de musique à la Sainte-Chapelle du Palais, succédant à François Chaperon. Il y écrit ses derniers chefs d’œuvres – Jugement de Salomon, et surtout la monumentale Missa Assumpta est Maria. A l’époque où règne l’indiscutable et exclusif Lully, à l’Opéra, à la chambre, à l’église, la sensibilité italienne de Charpentier pèse de tout son poids dans le paysage baroque français du XVIIe, elle enrichit notablement le raffinement musical français de la période.

Entre le XVIIe et XVIIIe siècle, la composition de Te Deum connut en Europe une grande vogue. Cette mode est due à la signification clairement politique que prit ce chant religieux. Il était systématiquement chanté lors de fêtes en l’honneur du souverain. Charpentier aurait composé six Te Deum, dont quatre sont encore disponibles.

Le Te Deum H. 146 en ré majeur de Charpentier est un grand motet versaillais, cette forme musicale est née à la cour de Louis XIV, il a été composé entre 1688 et 1698 et chanté dans toutes les églises de France à la suite d’une victoire Louis XIV.

L’introduction instrumentale du Te Deum a la forme d’un rondeau, précédée par le premier verset chanté par la basse seule, le chœur et les autres solistes se joignent à elle progressivement. Charpentier semble avoir voulu concevoir la pièce d’après l’exégèse traditionnelle du texte latin. Ainsi, le chœur prédomine dans la première partie dans une louange à Dieu de dimension céleste, le verset final est une grande fugue pour chœur avec un court trio de solistes dans l’épisode central.

Mort à Paris le 24 février 1704 à 61 ans, Charpentier tient une place majeure dans la musique de son époque avec ses nombreuses œuvres religieuses et profanes.

Nisi Dominus

de Baldassare Galuppi

Baldassare Galuppi – 1706-1785 est un compositeur italien, né sur l’île de Burano proche de Venise., il est surnommé Il Buranello d’après son lieu de naissance, Galuppi appartient à la génération de compositeurs tel que Christoph Willibald Gluck, Domenico Scarlatti et Carl-Philipp-Emanuel Bach, dont les œuvres sont emblématiques du style galant répandu en Europe durant le 18ème siècle.

Galuppi apprend d’abord la musique avec son père, barbier de profession, mais aussi violoniste amateur. À 16 ans, il se rend à Venise où il vit des salaires perçus comme organiste dans différentes églises, puis étudie, sur la recommandation de Benedetto Marcello, le clavecin et la composition avec Antonio Lotti.

Son premier opéra, composé à 16 ans, La fede nell’incostanza, donné en 1722, est un échec, mais il connaîtra son premier succès important dès 1729 avec son opéra Dorinda.

De 1740 à 1751, il est maître de musique à l’Ospedale dei Mendicanti, il compose 31 ouvrages : 16 motets, 13 arrangements du Salve Regina, et 2 arrangements de psaume.

En 1741, Galuppi est invité à travailler à Londres, « congé » accepté par l’Ospedale dei Mendicanti. Il passe 18 mois en Angleterre pour superviser les productions de la Compagnie d’opéra italienne au King’s Theatre. Haendel, compositeur rival, assiste à l’une de ces productions. Galuppi attire également l’attention comme virtuose et compositeur pour clavecin. Charles Burney, musicologue anglais de l’époque écrit : « Galuppi a eu plus d’influence sur la musique anglaise que tout autre compositeur italien ».

Bien qu’il soit mondialement connu comme compositeur de nombreux opéras, il compose de la musique sacrée tout au long de sa carrière.

En mai 1748, il obtient le poste de maître adjoint de la Cappella Marciana de Saint-Marc, dont il devient le maître en 1762.

Approché par le tsar Pierre III en 1761, ce n’est qu’en 1765 qu’il est nommé par Catherine II de Russie compositeur de cour à Saint-Pétersbourg, ou il compose quinze œuvres vocales pour l’Église russe orthodoxe. Pendant cette période les autorités vénitiennes lui assure la conservation de son poste de maître de chapelle et des émoluments correspondants, pourvu qu’il compose chaque année un Gloria et un Credo pour la messe de Noël donnée en la basilique de San Marco, tâche à laquelle il ne faillit pas comme en témoignent les manuscrits conservés à Gênes.

En 1766 il prend la direction du chœur de l’Ospedale degli Incurabili qu’il conservera jusqu’en 1777. Il consacre la fin de sa vie à la musique pour clavecin et aux œuvres religieuses. Il dirige notamment en mai 1782 plusieurs concerts pour la visite à Venise du pape Pie VI.

Au faîte de sa gloire, Galuppi était plus célèbre que Vivaldi. Il a connu un succès international pendant sa carrière à Vienne, Londres et Saint-Pétersbourg, mais principalement à Venise.

Il meurt le 3 janvier 1785, à ses funérailles solennelles en l’église San Vidal, chante notamment le grand castrat Gasparo Pacchiarotti.

Magnificat

de Johann David Heinichen

Johann-David Heinichen – 1683-1729 – compositeur et théoricien saxon de musique baroque est né à Krauschwitz en Saxe.

Heinichen est un élève de Johann Kuhnau, Thomaskantor à Leipzig, où il fait des études de droit. Après cette formation il se rend en Italie où il remporte de nombreux succès avec ses opéras.

Sa musique était très populaire, de nombreux concertos, ouvertures, sonates et d’innombrables œuvres de musique sacrée nous sont restées. Plusieurs de ses messes, ainsi que sa dernière œuvre, le Magnificat, suscitent de nos jours l’intérêt du public.

En 1710, il publie son œuvre théorique sur la basse continue, Der General Bass in der Composition, dans laquelle il expose aussi le Cycle des quintes. À Rome en 1712, il donne des cours de musique au prince Léopold d’Anhalt-Köthen qui le prend comme compositeur. Ce prince nommera en 1717 Johann Sebastian Bach maître de chapelle à sa cour.

En 1716, il rencontre à Venise le prince Électeur de Saxe qui l’engage le 28 août 1716 comme maître de la chapelle du roi de Saxe Auguste II de Pologne où il a pour collègues les compositeurs Johann Adolf Hasse et Jan Dismas Zelenka, les violonistes Francesco Maria Veracini, Johann Georg Pisendel, et le flûtiste Johann Joachim Quantz. Aux deux derniers, il a donné également des leçons de composition.