Saison 2022/2023 de la Bohême à l’Italie

Jan-Dismas ZELENKA

Jans Dismas Zelanka 1679 -1745 né à Louňovice près du Blaník en royaume de Bohême, est un compositeur bohémien de l’époque baroque, il est le fils d’un maître d’école et organiste de Louňovice, petite ville marchande au sud-est de Prague. Zelenka est mort à Dresde.

On connaît peu de choses de ses jeunes années, il semble qu’il fut instruit au collège Saint-Clément, des jésuites de Prague où il aurait reçu sa formation musicale. En 1709, il joue dans l’orchestre de la cour du baron, qui deviendra comte Ludwig Joseph von Hartig, gouverneur impérial de Prague. Il obtient en 1710 un poste de joueur de violone dans l’orchestre royal à la cour d’Auguste le Fort, roi de Pologne et électeur de Saxe.

Sa carrière de compositeur s’amorce en 1711, quand il compose sa première messe, la Missa Sancta Caeciliae, ZWV 1. En 1715, il part étudier le contrepoint à Vienne avec le célèbre théoricien Johann Fux puis il travaille avec Antonio Lotti à Venise. De retour de Vienne en 1719, hormis quelques voyages occasionnels à Prague et Varsovie, Zelenka demeure jusqu’à la fin de ses jours à Dresde, il seconde efficacement Johann David Heinichen, premier maître de chapelle vieillissant qui meurt en 1729.

Zelenka est considéré comme le plus important compositeur tchèque de la période baroque. Son travail se caractérise par une utilisation avancée du contrepoint, des exigences extrêmes sur les techniques de jeu et de chant et par une grande ingéniosité et richesse d’imagination. Il est comparé aux plus grands compositeurs de sa génération, tels que Bach. Zelenka est parfois appelée « l’homologue catholique de Bach », il navigue dans des eaux plus introspectives et passionnées, d’un grand génie dans l’expression émotionnelle, notamment par son harmonie pimentée de tierces, de tournures modales, d’accords de neuvièmes et d’altérations troublantes quoique profondément expressives.

A sa mort il laisse, à l’instar d’un Marc-Antoine Charpentier avec lequel il partage bien des points, une œuvre très importante en regard d’une biographie constellée d’inconnues. À la fin de sa vie il enseignera au théoricien Joseph de RiepelZelenka est enterré dans l’ancien cimetière catholique de Dresde.

Antonio-Lucio VIVALDI

Vivaldi 1678 -1741, né à Venise est le fils de Camilla Calicchio et de Giovanni Battista, tous deux fille et fils de tailleur. Giovanni Battista Vivaldi s’installe à Venise en 1666. Il y devient barbier et exerce comme violoniste à la prestigieuse chapelle ducale de la basilique San Marco de Venise sous le nom de Rossi. Il est le premier professeur de musique de son fils. Vivaldi a été aussi un des élèves de Legrenzi.

Vivaldi est destiné à la prêtrise, il est tonsuré en septembre 1693, en avril 1699 il est sous-diacre et ordonné en mars 1703. Il participe parfois à l’orchestre de San Marco pour renforcer le pupitre des violons. Vers 1706, il cesse de dire la messe en raison d’une maladie d’enfance mais aussi peut-être par opportunisme.

En septembre 1703 Vivaldi est maître de violon à l’Ospedale della Pietà, un célèbre internat religieux destiné à l’éducation de jeunes filles orphelines. Elles y reçoivent un enseignement soigné dans le but d’obtenir plus tard un emploi. Un certain nombre d’entre elles reçoivent une éducation musicale poussée. Les concerts qu’on y donne sont courus par l’aristocratie vénitienne et les visiteurs étrangers.

En mars 1713, il crée son premier opéra à Vicenza, Ottone en villa, sur un livret de Nicolò Biancardi Bastiano, alias Domenico Lalli, un escroc recherché par la justice napolitaine, écrivain à la mode et ami de Vivaldi qui remplace Francesco Santurini comme impresario du théâtre S. Angelo.

Vivaldi a composé un nombre considérable de concertos, sonates, opéras et pièces religieuses : il se targuait de pouvoir écrire un concerto plus vite que le copiste ne pouvait le transcrire. Il fut l’un des plus célèbres et admirés violonistes et compositeurs de la période baroque, en tant qu’initiateur principal de concerto de soliste, dérivé du concerto grosso. Il sera autant entrepreneur de spectacles que compositeur, il fut aussi professeur de violon puis « maître de concert » du Seminario musicale dell’Ospedale della Pietà.

Comme ce fut le cas pour de nombreux compositeurs du XVIII° siècle, sa musique, de même que son nom, fut vite oublié après sa mort. Elle ne devait retrouver un certain intérêt auprès des érudits qu’au XIX° siècle ; cependant, sa véritable reconnaissance eu lieu pendant la première moitié du XX° siècle grace aux travaux de lettrés, de musicologues, de musiciens et à l’enthousiasme d’amateurs éclairés.

Son activité s’est exercée dans les domaines de la musique instrumentale, particulièrement au violon mais également dédiée à une exceptionnelle variété d’instruments, de la musique religieuse et de la musique lyrique; elle a donné lieu à la création d’un nombre considérable de concertos, sonates, opéras, pièces religieuses : il se targuait de pouvoir composer un concerto plus vite que le copiste ne pouvait le transcrire.

Prêtre catholique, sa chevelure rousse le fit surnommer il Prete rosso « Le Prêtre roux », sobriquet peut-être plus connu à Venise que son véritable nom, ainsi que le rapporte Goldoni dans ses Mémoires.

La mort de Vivaldi, en juillet 1741, fut connue à Venise au mois de septembre suivant dans l’indifférence générale. Vivaldi avait gagné, en un temps plus de 50 000 ductas, mais sa prodigalité désordonnée l’a fait mourir pauvre à Vienne : telle est l’épitaphe anonyme retrouvée dans des archives vénitiennes, les Commemoriali Gradenigo.