Saison 2021-2022 – sur les « Chemins du Baroque Européen »

Te Deum

de Marc-Antoine CHARPENTIER

Marc-Antoine Charpentier – 1643-1704, est un compositeur français de la période baroque originaire de Meaux, sa famille occupait un rang social appréciable au service de la couronne et de l’église. Son père, maître écrivain à Paris, rédigeait des actes publics et privés pour la bonne société. Charpentier est né et mort à Paris.

Marc-Antoine Charpentier passe son enfance à Paris, dans le quartier Saint-Séverin. Il n’y a rien de précis sur sa scolarité auprès des Jésuites ni sur sa formation musicale.

Vers 1665 Charpentier se rend en Italie pour faire des études de peinture, mais lors de son passage à Rome, Il reçoit la leçon du maître de l’oratorio baroque Giacomo Carissimi. De retour à Paris, Charpentier introduit la forme sensuelle et mystique de l’oratorio en France qu’Il rebaptise « Histoire sacrée », ainsi ses chefs d’œuvre – Judith – Cécile vierge et martyre – Esther.

Il rejoint la cour de Marie de Guise et y compose toutes les musiques sacrées et profanes pour sa protectrice. Quand Lully cesse sa collaboration avec Molière en 1672, Charpentier travaille avec l’auteur du Malade imaginaire dont Il écrit les musiques de scène. Auteur dramatique, Charpentier compose les musiques des pièces de Thomas Corneille – Circé – L’Inconnu – Le triomphe des dames – La Pierre philosophale.

En 1683, absent pour maladie Charpentier se voit gratifié d’une pension par Louis XIV pour service rendu pour son fils le Dauphin. Sans poste officiel à la Cour, Charpentier fréquente les grands dont le Duc de Chartres, Philippe d’Orléans pour lequel Il écrit ses « Règles de composition ». En 1688, Charpentier devient directeur de la musique de l’église Saint-Louis des Jésuites, et fournit aussi les musiques dramatiques du Collège Louis Le Grand dont David et Jonathas.

En 1698, Charpentier devient Maître de musique à la Sainte-Chapelle du Palais, succédant à François Chaperon. Il y écrit ses derniers chefs d’œuvres – Jugement de Salomon, et surtout la monumentale Missa Assumpta est Maria. A l’époque où règne l’indiscutable et exclusif Lully, à l’Opéra, à la chambre, à l’église, la sensibilité italienne de Charpentier pèse de tout son poids dans le paysage baroque français du XVIIe, elle enrichit notablement le raffinement musical français de la période.

Entre le XVIIe et XVIIIe siècle, la composition de Te Deum connut en Europe une grande vogue. Cette mode est due à la signification clairement politique que prit ce chant religieux. Il était systématiquement chanté lors de fêtes en l’honneur du souverain. Charpentier aurait composé six Te Deum, dont quatre sont encore disponibles.

Le Te Deum H. 146 en ré majeur de Charpentier est un grand motet versaillais, cette forme musicale est née à la cour de Louis XIV, il a été composé entre 1688 et 1698 et chanté dans toutes les églises de France à la suite d’une victoire Louis XIV.

L’introduction instrumentale du Te Deum a la forme d’un rondeau, précédée par le premier verset chanté par la basse seule, le chœur et les autres solistes se joignent à elle progressivement. Charpentier semble avoir voulu concevoir la pièce d’après l’exégèse traditionnelle du texte latin. Ainsi, le chœur prédomine dans la première partie dans une louange à Dieu de dimension céleste, le verset final est une grande fugue pour chœur avec un court trio de solistes dans l’épisode central.

Mort à Paris le 24 février 1704 à 61 ans, Charpentier tient une place majeure dans la musique de son époque avec ses nombreuses œuvres religieuses et profanes.

Magnificat

de Johann David Heinichen

Johann-David Heinichen – 1683-1729 – compositeur et théoricien saxon de musique baroque est né à Krauschwitz en Saxe.

Heinichen est un élève de Johann Kuhnau, Thomaskantor à Leipzig, où il fait des études de droit. Après cette formation il se rend en Italie où il remporte de nombreux succès avec ses opéras.

Sa musique était très populaire, de nombreux concertos, ouvertures, sonates et d’innombrables œuvres de musique sacrée nous sont restées. Plusieurs de ses messes, ainsi que sa dernière œuvre, le Magnificat, suscitent de nos jours l’intérêt du public.

En 1710, il publie son œuvre théorique sur la basse continue, Der General Bass in der Composition, dans laquelle il expose aussi le Cycle des quintes. À Rome en 1712, il donne des cours de musique au prince Léopold d’Anhalt-Köthen qui le prend comme compositeur. Ce prince nommera en 1717 Johann Sebastian Bach maître de chapelle à sa cour.

En 1716, il rencontre à Venise le prince Électeur de Saxe qui l’engage le 28 août 1716 comme maître de la chapelle du roi de Saxe Auguste II de Pologne où il a pour collègues les compositeurs Johann Adolf Hasse et Jan Dismas Zelenka, les violonistes Francesco Maria Veracini, Johann Georg Pisendel, et le flûtiste Johann Joachim Quantz. Aux deux derniers, il a donné également des leçons de composition.