Saison 2026/2027

Michel CORRETTE

Michel Corrette (1707-1795) fut un musicien français prolifique, formé à Rouen, qui s’installa à Paris vers 1720. Après un concours d’organiste infructueux en 1726, il devint professeur de musique, publiant dès 1727 ses premières sonates et étant l’un des premiers à éditer des concertos à la manière de Vivaldi en 1728.

Engagé comme chef d’orchestre dans les foires parisiennes, il créa ses « concertos comiques », basés sur des thèmes populaires, divertissements qui durèrent jusqu’en 1773. Il devint organiste de Sainte-Marie du Temple et de l’église Saint-Louis des Jésuites, poste qu’il occupa jusqu’en 1762, puis au Temple jusqu’à la Révolution. Ses ouvrages pour orgue, dont le « Premier Livre d’Orgue » (1737), témoignent de son importance.

Compositeur fécond, son œuvre pour clavecin, notamment « Les Amusements du Parnasse », illustre l’évolution du goût musical de son époque, allant de suites traditionnelles à des transcriptions d’airs célèbres et l’intégration de nouveautés comme les clusters. Pédagogue reconnu ses méthodes instrumentales visaient à codifier les pratiques musicales.

Corrette organisait des concerts hebdomadaires, diffusant la musique italienne et ses propres œuvres, dont des concertos pour clavier parmi les premiers en France et des sonates pour divers instruments, y compris la viole d’Orphée, une de ses inventions. Bien que sa musique religieuse ait presque disparu, le psaume « Laudate Dominum de cœlis » et des messes ont survécu.

Personnage unique du XVIIIe siècle, Michel Corrette, malgré son érudition, a toujours cherché à plaire à un public élargi, rendant la musique accessible aux dilettantes. Il meurt à Paris en 1795 à 87 ans.

 

L’œuvre

Michel Corrette a adapté en 1766 le célèbre concerto Le Printemps (La Primavera, RV 269) d’Antonio Vivaldi (1778–1741) pour en faire un grand motet avec chœur intitulé Laudate Dominum de cœlis (Psaume 148).

Le motet Laudate Dominum de cœlis de Corrette superpose le texte sacré du Psaume 148 à la partition instrumentale du premier concerto des Quatre Saisons de Vivaldi. Corrette ne fait pas un simple plagiat ou un arrangement de divertissement ; il unit le texte poétique de louange de Dieu à la description musicale de la nature (chants d’oiseaux, brise, orage) voulue par Vivaldi.

Cette œuvre a été mise en valeur par des ensembles baroques comme Le Parlement de Musique (dir. Martin Gester) ou jouée dans le cadre de spectacles thématiques à l’Opéra Royal de Versailles.

Baldassarre GALUPPI – 1706-1785

Compositeur italien, né sur l’île de Burano proche de Venise, surnommé Il Buranello d’après son lieu de naissance, Galuppi appartient à la génération de compositeurs tel que Christoph Willibald Gluck, Domenico Scarlatti et Carl-Philipp-Emanuel Bach, dont les œuvres sont emblématiques du style galant répandu en Europe durant le XVIII siècle.

Galuppi apprend d’abord la musique avec son père, barbier de profession, mais aussi violoniste amateur. À 16 ans, il se rend à Venise où il vit des salaires perçus comme organiste dans différentes églises, puis étudie, sur la recommandation de Benedetto Marcello, le clavecin et la composition avec Antonio Lotti. Son premier opéra, composé à 16 ans, La fede nell’incostanza, donné en 1722, est un échec, mais il connaîtra son premier succès important dès 1729 avec son opéra Dorinda. De 1740 à 1751, il est maître de musique à l’Ospedale dei Mendicanti, il compose 31 ouvrages : 16 motets, 13 arrangements du Salve Regina, et 2 arrangements de psaume.

En 1741, Galuppi est invité à travailler à Londres, « congé » accepté par l’Ospedale dei Mendicanti. Il passe 18 mois en Angleterre pour superviser les productions de la Compagnie d’opéra italienne au King’s Theatre. Haendel, compositeur rival, assiste à l’une de ses productions. Galuppi attire également l’attention comme virtuose et compositeur pour clavecin. Charles Burney, musicologue anglais de l’époque écrit : «Galuppi a eu plus d’influence sur la musique anglaise que tout autre compositeur italien».

En mai 1748, il obtient le poste de maître adjoint de la Capella Marciana de San Marco, dont il devient le maître en 1762.

Approché par le tsar Pierre III en 1761, ce n’est qu’en 1765 qu’il est nommé par Catherine II de Russie compositeur de cour à Saint-Pétersbourg, où il compose quinze œuvres vocales pour l’Église russe orthodoxe. Pendant cette période les autorités vénitiennes lui assurent la conservation de son poste de maître de chapelle et des émoluments correspondants, pourvu qu’il compose chaque année un Gloria et un Credo pour la messe de Noël donnée en la basilique de San Marco, tâche à laquelle il ne faillit pas comme en témoignent les manuscrits conservés à Gênes.

En 1766 il prend la direction du chœur de l’Ospedale degli Incurabili qu’il conservera jusqu’en 1777. Il consacre la fin de sa vie à la musique pour clavecin et aux œuvres religieuses. Il dirige en mai 1782 plusieurs concerts pour la visite à Venise du pape Pie VI.

Bien qu’il soit mondialement connu comme compositeur de nombreux opéras, il compose de la musique sacrée tout au long de sa carrière. Au faîte de sa gloire, Galuppi était plus célèbre que Vivaldi. Il a connu un succès international pendant sa carrière à Vienne, Londres et Saint-Pétersbourg, mais principalement à Venise. Il meurt le 3 janvier 1785. Ses funérailles solennelles ont lieu en l’église San Vidal, où chante notamment le grand castrat Gasparo Pacchiarotti.

 

L’œuvre

La Messa per San Marco (Messe pour Saint-Marc) est une œuvre sacrée composée par le Vénitien Baldassare Galuppi, datée vers 1766, pour la célèbre chapelle ducale de la basilique Saint-Marc à Venise. Elle est écrite dans un style galant typique du milieu du XVIIIe siècle, cette messe associe souvent le Kyrie, le Gloria et le Credo